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La définition de la précarité donnée par le père Joseph Wresinski en 1987 dans son rapport sur « La grande pauvreté » au Conseil Economique et Social, reste actuelle :
« La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l’emploi, permettant aux personnes et familles d’assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle devient persistante, qu’elle compromet les chances de réassumer des responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible ».

De nombreuses approches sont donc nécessaires pour en rendre compte.

Sur le plan monétaire, l’appréciation du nombre de personnes ayant de faibles ressources peut être faite à l’aide de deux sources statistiques principales :

  • l’INSEE, qui recense les ménages[1] dont les revenus, définis selon un certain critère, sont inférieurs à un certain seuil dit de pauvreté, mais sans prendre en compte les personnes en communautés ou sans-domicile,
  • les CAF, qui comptabilisent les foyers (ou familles) allocataires de ses prestations dont les revenus sont inférieurs à un seuil dit de bas revenu, mais sur un champ réduit (moins de 65 ans, hors étudiants,…).

Les deux approches sont complémentaires. Le champ de la statistique de l’INSEE inclut des ménages qui ne sont pas allocataires de la CAF, et, réciproquement, la CAF a connaissance de données plus fines que celles de l’INSEE pour ses allocataires.

Des appréciations additionnelles du niveau de pauvreté monétaire des ménages sont fournies par le nombre de bénéficiaires de minima sociaux et parmi ceux-ci, plus précisément, ceux qui perçoivent le RSA ou la prime d’activité, versés par les CAF ou la Complémentaire santé solidaire (C2S) versée par la CNAM.

Les aspects non monétaires de la pauvreté sont plus difficiles à quantifier (nombre de personnes vivant à la rue, intermittence du travail,…). Certains indicateurs sont cependant disponibles : taux de chômage, espérance de vie, part des personnes de plus de 15 ans non scolarisée et sans diplôme, etc, à défaut de pouvoir mesurer comme cela est fait au niveau national (mesure de la pauvreté en conditions de vie) le nombre de privations matérielles et sociales (habillement, alimentation,  accès aux loisirs et à la culture, arriérés de traites d’achats à crédit,…).

Avertissement :

Sauf mention explicite de l’année, tous les chiffres cités dans le corps du texte se trouvent dans les tableaux qui en précisent la date et la source.

A.    Approche de l’INSEE : le taux de pauvreté

B.    Approche de la CAF : les foyers allocataires à bas revenus

C.    Une croissance régulière des bénéficiaires des minima sociaux

D.    Une proportion de bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire qui met en évidence les fractures territoriales

E.    Une approche multidimensionnelle des inégalités liées à la pauvreté

[1] ensemble des personnes vivant dans un même logement