Les situations : multiples et changeantes

Comment connaître le nombre et la situation des sans-domicile dans les communes du 92 ? Comme ailleurs, cela pose de nombreux problèmes.

  • La multiplicité des situations : Il s’agit de personnes qui ont dormi un lieu non prévu pour l’habitation (rue, voitures, …), dans une structure d’hébergement ou d’aide aux sans-domicile, mais aussi de personnes hébergées chez des tiers, en chambre d’hôtel (payée par la personne elle-même),  en caravanes, en squats,… La multiplicité des situations rend toute mesure  dépendant des définitions retenues..
  •  Les changements fréquents de ces situations L’enquête sans-domicile de l’INSEE réalisée en 2012 fait apparaître qu’un sans-domicile sur deux l’est depuis plus d’un an. « Globalement, les sans-domicile (en Ile-de-France) déclarent avoir été, en moyenne, au cours de l’année 2011, neuf mois sans domicile (contre huit mois dans les autres agglomérations). Pendant deux mois, ils ont été hébergés par un tiers ou occupé un squat et durant un mois, ils ont occupé un logement dont ils étaient locataire ou propriétaire »

Les évolutions : de plus en plus de familles avec enfants

Cette enquête fait apparaître une population  composée surtout de familles avec enfants alors que par le passé, il s’agissait principalement de personnes seules. Les  statistiques du SIAO-92  urgence indiquent  que les personnes seules représenteraient environ 30% des demandes mais 14%  des personnes. La grande majorité se partage entre familles monoparentales et couples avec enfants. Les enfants de moins de 18 ans représentent 44% des personnes, c’est-à-dire que près d’un SDF sur deux est un enfant.

La perte du logement : des facteurs multiples

L’origine de ces situations est très complexe car elle renvoie à autant d’histoires et de parcours individuels. Leur connaissance est cependant importante pour pouvoir agir.
Le SIAO- 92, auquel s’adressent l’ensemble des demandes quelque soit le service orienteur, nous donne des ordres de grandeur  sur ces questions

  •  les ruptures familiales, conjugales, amicales représentent 27% des situations. Il s’agit de ruptures conjugales ou des fins de cohabitation pour des ménages hébergés par des tiers ou de la famille.
  • Le second motif porte sur les situations de sans-abrisme : grande errance, hébergement précaire… soit 19% des situations. Beaucoup des personnes concernées  n’ont jamais connu de logement personnel.
  • La perte du logement représente près de 15 % des situations et majoritairement suite à des procédures d’expulsions locatives.
  • Les fins de prise en charge diverses (prisons, ASE, CADA, structures médico-sociales, hospitalisation…) représentent plus de 10%
  • les victimes de violences pour 7%
  • et enfin les primo-arrivants pour 8% des cas

 

Les expulsions locatives restent à un niveau élevé : les chiffres de 2014  pour les Hauts de Seine font état de 4720 assignations et 2327 commandements de quitter les lieux. Il faut aussi mentionner  les situations de fin de bail amenant les ménages à quitter les lieux. Ceci renvoie notamment à la question du maintien dans les lieux de ménages ayant des difficultés financières avec un taux d’effort trop important.

-> Le 115 saturé face à la demande

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