Ainsi, 11 % des logements des Hauts-de-Seine sont en suroccupation (auxquels on pourrait ajouter les 11 % de studios habités par une personne seule et toujours considérés comme en suroccupation). A contrario, près de quatre logements sur cinq sont en « occupation normale », voire en sous occupation.

L’indice d’occupation du logement[1] calcule l’adéquation entre le nombre de pièces et la taille du ménage et permet, le cas échéant, de repérer qu’un logement est en suroccupation, laquelle est un des critères retenus pour qualifier le mal-logement.

L’Insee distingue deux niveaux de suroccupation : la suroccupation modérée qui représente la part la plus élevée des logements suroccupés, soit 8,8 % dans les Hauts-de-Seine et la suroccupation accentuée, la plus difficile à supporter pour les personnes vivant dans ces logements, qui en représente 2,5 %. En 2018, 17 727 logements étaient en suroccupation accentuée soit une légère baisse par rapport à 2013[2] quand 18 767 étaient dans cette situation soit un taux de 2,7 %.

Comme pour d’autres caractéristiques du parc immobilier altoséquanais, des différences territoriales existent. La suroccupation des logements touche plus particulièrement le territoire du nord du département : 16 % pour Boucle Nord de Seine (BNS, 15,8 % sans Argenteuil). Pour Paris Ouest La Défense (POLD), elle concerne 10,8 % des logements, 9,8 % pour Vallée Sud Grand Paris (VSGP) et 9,7 % pour Grand Paris Seine Ouest (GPSO).

Pour la seule suroccupation accentuée, BNS affiche le taux le plus élevé : 4,2 % contre 2,2 % à POLD et 1,9 % à VSGP et GPSO. Mais entre 2013 et 2018 le nombre et la part de ces logements ont reculé dans les territoires à l’exception de VSGP où le nombre a légèrement augmenté et la part est restée stable.

En 2018, 5 des 6 communes de BNS (Bois-Colombes fait exception), affichent des proportions de logements suroccupés supérieures à 10 % et à 3,5 % respectivement. Clichy est la commune de BNS et même du département qui présente le taux de suroccupation accentuée le plus élevé : 5,6 %, plus du double de la moyenne départementale et Villeneuve-la-Garenne celui de suroccupation modérée le plus élevé : 13,7 % (accentuée : 4,2 %).

Dans les autres territoires, deux communes ont des taux de suroccupation modérée supérieurs à 10 % : Bagneux (12 %) et Nanterre (11,7 %). Nanterre a un taux de suroccupation accentuée de 3,5 % puis vient Bagneux (2,8 %).

Ces  communes figurent parmi celles qui présentent en 2019 les taux de pauvreté les plus élevés et d’autres indicateurs de précarité les plus défavorables[3], confirmant la concentration des différentes dimensions de la précarité dans certaines communes.

Cinq communes ont un taux de suroccupation (modérée plus accentuée) inférieur à la moitié de la moyenne départementale (soit moins de 8 %) : Marnes la Coquette, Vaucresson, Le Plessis-Robinson, Chaville et Antony. Dans les autres communes, les taux sont plus ou moins proches des moyennes départementales.

 

Ce sont les locataires qui vivent le plus et de beaucoup dans des logements considérés comme « trop » petits pour la taille de la famille, qu’il s’agisse de locataires du secteur privé : 15,4 % de logements suroccupés ou de locataires dans le secteur HLM : 17 %. Mais les locataires du secteur privé sont plus nombreux (nombre et pourcentage) à vivre en suroccupation accentuée que ceux du secteur HLM : respectivement  8 724 soit 4,1 %  des locataires du secteur privé et 6 137 soit 3,4 % des locataires HLM. Dit autrement, près de la moitié des logements en suroccupation accentuée dans le département sont occupés par des locataires du secteur privé contre 35 % dans le secteur HLM. Cette répartition diffère selon les territoires comme celles des logements selon le statut d’occupation et selon le type et la taille. Ainsi, 50/34 à BNS et 48/35 à POLD qui ont beaucoup de logements sociaux et de petits logements dans le secteur privé ; 44/42 à VSGP qui a beaucoup de maisons mais aussi des logements sociaux et 57/27 à GPSO qui a très peu de logement social.

Dans les quatre territoires, on trouve les mêmes écarts entre secteur privé et secteur HLM que dans l’ensemble du département : part plus importante de locataires du secteur HLM vivant en sur occupation modérée et au contraire part plus élevée de locataires du secteur privé vivant en sur occupation accentuée.

Seulement 4,2 % des propriétaires vivent dans des logements suroccupés (12 949), dont 0,5 % en suroccupation accentuée.

C’est aussi dans BNS que la part des propriétaires en suroccupation est la plus élevée, qu’elle soit modérée : 6 % contre 3 à 4 % dans les trois autres territoires ou accentuée : 1 % pour moins de 0,5 % dans les trois autres territoires.

Ces différences territoriales peuvent trouver des explications lorsqu’on regarde les caractéristiques démographiques et immobilières des territoires. Ainsi BNS présente les taux les plus faibles de retraités et de ménages d’une personne et au contraire le taux le plus fort de couples avec enfants conduisant à la taille moyenne des ménages la plus élevée des quatre territoires. BNS présente aussi le taux le plus faible de propriétaires et le plus élevé de locataires HLM. A l’opposé, GPSO a la part de ménages d’une personne la plus élevée, et celle des couples avec enfants la plus faible, et donc le nombre de personnes par ménage le plus bas. Il présente le plus fort taux de propriétaires et le plus faible de HLM.

Les poids des appartements/maisons et des petits logements comptent également beaucoup comme on l’a vu plus haut. Les petits logements sont surtout nombreux dans les communes qui jouxtent Paris comme Clichy. La présence des maisons est particulièrement élevée dans VSGP.

 

En novembre 2020, l’Insee a publié une étude[4] à partir des données de 2017 dont les lignes suivantes sont extraites ainsi que la carte de suroccupation des logements :

« Les deux tiers des logements suroccupés se situent à Paris et dans sa petite couronne. Dans cette zone, la suroccupation culmine à près de 16 % contre environ 8 % en grande couronne. La densité de la population y est la plus forte de France, les maisons sont plus rares et la concentration des emplois attire une importante population en âge de travailler. En outre, les prix élevés pour se loger rendent l’accès à des logements de grande taille plus difficile.

Au sein de Paris et de la petite couronne, la suroccupation est particulièrement fréquente dans le nord-est (carte), plus particulièrement en Seine-Saint-Denis (21 % des logements sont suroccupés), dans les 18e , 19e et 20e arrondissements de Paris (20 %) et dans le nord des Hauts-de-Seine (18 % dans l’établissement public territorial (EPT) Boucle Nord de Seine). Cela s’explique notamment par une forte proportion de ménages de grande taille. »

 

[1]Source Insee : Indice d’occupation des logements Un logement est suroccupé quand il lui manque au moins une pièce par rapport à la situation d’occupation “normale” définie ainsi : une pièce de séjour pour le ménage, une pièce pour chaque personne de référence d’une famille ou un couple, une pièce pour les personnes hors famille non célibataires ou les célibataires de 19 ans ou plus. Pour les célibataires de moins de 19 ans, on compte une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans, sinon, une pièce par enfant.

Les studios occupés par une seule personne sont exclus du champ : en effet, par construction de l’indice d’occupation, les logements d’une pièce sont systématiquement considérés comme sur occupés. Les studios occupés par deux personnes ou plus sont, par contre, bien pris en compte et sont considérés comme sur occupés.

[2]« Précarité et mal-logement dans les Hauts -de-Seine  État des lieux 2018  OPML92

[3]« Mesurer la précarité dans les Hauts-de-Seine » Février 2022  OPML92

[4]« Vivre dans un logement suroccupé : plus fréquent en 2017 pour les familles franciliennes qu’en 2007 » INSEE Analyses Île-de-France N°123 Novembre 2020